Résolution du Conseil du 27 novembre 2003 sur l'importance du rôle de la famille dans la prévention de l'usage de stupéfiants par les adolescents Journal officiel n° C 097 du 22/04/2004 p. 0004 - 0005 Résolution du Conseil du 27 novembre 2003 sur l'importance du rôle de la famille dans la prévention de l'usage de stupéfiants par les adolescents (2004/C 97/02) LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE, considérant ce qui suit: (1) Le Conseil européen, réuni à Helsinki les 10 et 11 décembre 1999, a approuvé la stratégie antidrogue de l'Union européenne (2000-2004), qui concerne toutes les actions de l'Union en matière de drogue et dont l'un des objectifs principaux est de diminuer de manière significative, dans un délai de cinq ans, la fréquence des effets nocifs des drogues pour la santé ainsi que le nombre des décès dus à la drogue.
(2) En juin 2000, le Conseil européen de Feira a adopté le plan d'action antidrogue de l'UE (2000-2004), qui est un instrument majeur pour traduire la stratégie antidrogue de l'Union européenne en une centaine d'actions concrètes permettant d'apporter avec efficacité une réponse intégrée et multidisciplinaire au problème de la drogue. (3) La stratégie précitée correspond au contenu de la déclaration politique approuvée par l'Assemblée générale des Nations unies lors de la session extraordinaire consacrée aux drogues en juin 1998. (4) La Commission, dans sa communication au Parlement européen et au Conseil concernant un plan d'action de l'Union européenne en matière de lutte contre la drogue (2000-2004), considère qu'une approche globale qui couvre tous les aspects de la prévention de la toxicomanie, en évitant la consommation initiale de drogue et en réduisant les effets néfastes de la drogue sur la santé et sur la société, constitue la meilleure stratégie possible.
(5) Le programme d'action communautaire pour la prévention de la toxicomanie dans le cadre de l'action dans le domaine de la santé publique a appuyé des projets visant à prévenir et à réduire les risques liés à la toxicomanie, en particulier en encourageant la coopération entre les États membres, en soutenant leur action et en promouvant la coordination entre leurs politiques et leurs programmes. Ce programme a contribué à améliorer l'information, l'éducation et la formation destinées à prévenir la toxicomanie et les risques associés, en particulier chez les jeunes et les groupes particulièrement vulnérables.
(6) La décision du Parlement européen et du Conseil adoptant un programme d'action communautaire dans le domaine de la santé publique (2003-2008) comprend la définition de stratégies et de mesures considérées comme des facteurs déterminants pour la santé liés à l'adoption d'un mode de vie sain. (7) Selon les recherches, la morbidité et la mortalité liées à la toxicomanie concernent un nombre considérable de citoyens européens; les dommages pour la santé causés par la toxicomanie constituent donc un problème important en termes de santé publique et de répercussions sociales.
(8) L'Union européenne peut ajouter de la valeur aux efforts accomplis par les États membres en matière de prévention et de réduction des risques associés à la toxicomanie en facilitant l'accès aux connaissances concernant les stratégies efficaces. (9) Les résultats de l'évaluation à mi-parcours du plan d'action de l'UE en matière de lutte contre la drogue (2000-2004) ont mis en évidence les points essentiels ci-après au niveau national: - tous les États membres reconnaissent l'importance d'une coordination des politiques antidrogue entre les différents services de l'État et, partant, entre les actions de la collectivité, les programmes des services sociaux, les activités de prévention à l'école et la famille; - les méthodes de coordination varient en fonction de la diversité des objectifs poursuivis, ainsi que selon le degré de priorité accordé au problème de la drogue dans chacun des États membres, la structure du pays et l'organisation administrative; - la plupart des États membres ont adopté au niveau national un plan et/ou une stratégie antidrogue; - de nombreux plans d'action nationaux ont été élaborés conformément aux principes exposés dans le Plan d'action de l'UE.
(10) Les résultats de l'évaluation à mi-parcours du plan d'action de l'UE en matière de lutte contre la drogue (2000-2004) ont fait ressortir la nécessité d'accomplir des progrès supplémentaires au niveau de l'Union européenne, et notamment de mettre en place une stratégie visant à renforcer la coopération avec la société civile dans le domaine de la drogue. (11) La famille revêt un rôle important pour ce qui est de fournir aux adolescents des informations complètes et une éducation appropriée axées sur un mode de vie sain. (12) PRENANT ACTE du rôle déterminant que joue la famille pour ce qui est des éléments protecteurs et des facteurs de risque susceptibles d'influer sur la consommation précoce de stupéfiants, parmi lesquels le sentiment d'appartenir à une famille, l'implication des parents dans la vie de leurs enfants et le degré d'affection qu'ils leur manifestent pendant la petite enfance.
(13) CONSCIENT de ce que l'OEDT a décidé de procéder à une enquête visant spécifiquement à recueillir des données sur la prévention fondée sur la participation de la famille et de la communauté ainsi que sur les interventions précoces, en reconnaissant qu'il est urgent d'évaluer les programmes dans ce domaine et de confronter les expériences existantes. (14) COMPTE TENU du nombre toujours croissant de preuves scientifiques qui démontrent la nécessité d'associer la famille aux programmes de prévention par des actions de formation destinées à améliorer les capacités relationnelles, les comportements et l'organisation familiale.
(15) PRÉOCCUPÉ de ce qu'une carence d'informations exactes sur les drogues et une notion confuse de la non-toxicité des substances psychoactives consommées dans les moments de détente pourraient conduire les parents à sous-évaluer les risques auxquels s'exposent les adolescents qui font précocement l'expérience de la drogue, SOULIGNE L'IMPORTANCE DE: 1) apprécier l'importance que peuvent revêtir des mesures en matière d'évaluation du risque destinées à identifier les familles à risque, les premières formes de mal-être et les stratégies précoces d'intervention, les parents - y compris les parents d'enfants d'âge préscolaire - participant à des programmes de prévention ciblés visant à réduire les comportements à risque et la consommation de drogues les années suivantes;
2) sensibiliser les institutions locales et l'école à la promotion de programmes de prévention fondés sur la participation des familles, notamment des familles à risque, afin de favoriser les facteurs protecteurs pendant l'enfance et le début de l'adolescence, l'implication des parents dans la vie de leurs enfants, un suivi adapté, des règles claires de comportement au sein de la famille et des modèles parentaux positifs; 3) accorder une attention particulière au milieu familial en renforçant les programmes de formation des parents, la carence en termes de soutien familial et d'aptitudes parentales pouvant constituer des conditions favorables au développement de comportements toxicomaniaques;
4) promouvoir différentes stratégies d'information en vue d'aider les parents à déceler à temps les comportements à risque et la consommation précoce de drogues chez les adolescents; 5) promouvoir et encourager l'engagement des familles à participer aux activités scolaires, à instaurer des contacts stables entre elles-mêmes et les services d'aide sociale, par des programmes de formation en commun, en vue de parvenir à une synergie dans les actions éducatives vis-à-vis des comportements à risque; 6) analyser et approfondir les recherches sur les stratégies et les programmes déjà mis en oeuvre, ainsi que sur l'élaboration de nouveaux programmes globaux et de stratégies destinées à nouer des contacts avec les familles et à les associer, qui seraient susceptibles, en particulier, d'apporter un soutien aux familles à risque, où les parents ou les frères et soeurs font usage de drogues ou présentent des problèmes psychiques ou comportementaux;
7) encourager le développement de stratégies innovantes: - pour associer les parents aux actions de formation, aux loisirs, aux activités ludiques et sportives de leurs enfants en multipliant les occasions de se réunir, susceptibles d'avoir un impact éducatif considérable et suscitant la collaboration entre les associations, les institutions et le secteur social privé; - pour nouer des contacts avec les familles à risque ou avec les parents de mineurs risquant de devenir toxicomanes par le biais de visites à domicile, de méthodes d'autosoutien et d'autres types de démarches à caractère préventif, éducatif et thérapeutique; - pour aider les familles souffrant de graves handicaps socio-économiques et leur permettre de mieux s'intégrer dans la société;
8) procéder, à cette fin, au recensement des méthodes et des instruments les plus efficaces pour ce qui est de promouvoir le rôle de la famille dans la prévention de l'usage des stupéfiants chez les adolescents et encourager, en liaison avec l'OEDT, un échange entre États membres des meilleures pratiques dans ce domaine; 9) s'assurer que l'information, les conseils et la formation offerts aux parents sont conçus en fonction de leurs besoins, de leur niveau de culture, de leur origine ethnique et qu'ils recourent à des stratégies de communication appropriées.