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Communication de la Commission - Situation générale du marché charbonnier - Prévisions 1973

CELEX
31973Y0426(01)
Document type
INFO
Sector
Legislation
Date of document
1973-04-26
Status
In force

Text

This document has no article-level structure in its source. Full text below.

Communication de la Commission - Situation générale du marché charbonnier - Prévisions 1973 Journal officiel n° C 023 du 26/04/1973 p. 0001 - 0044 SITUATION GÉNÉRALE DU MARCHÉ CHARBONNIER PRÉVISIONS 1973 I. SITUATION ÉCONOMIQUE GÉNÉRALE - ÉVOLUTION DE LA CONSOMMATION INTÉRIEURE D'ÉNERGIE La croissance de l'activité économique s'est notablement différenciée d'un pays à l'autre au cours de l'année écoulée. Alors que l'expansion demeurait vigoureuse en France tout au long de l'année 1972 et permettait d'accroître la production intérieure brute de 6 % en termes réels par rapport à son niveau de l'année précédente, la R.F. d'Allemagne et les pays du Benelux ont connu une sensible accélération de leur activité économique au premier semestre mais celle-ci a été suivie d'un certain ralentissement dans la seconde partie de l'année.

Le taux de progression du produit national brut de 1971 à 1972 n'a ainsi pas été sensiblement différent de celui qui avait été enregistré de 1970 à 1971, soit 3 % dans la R.F. d'Allemagne, 3,5 % aux Pays-Bas, et un peu plus de 4 % en Belgique. Le rythme d'expansion économique n'a pas été très rapide non plus en Italie, où, en moyenne annuelle, le produit national brut a augmenté de 3 %, en dépit d'une légère reprise conjoncturelle en cours d'année. Celle-ci toutefois n'a pas permis d'améliorer sensiblement le taux d'utilisation des capacités de production. Dans les trois pays adhérents, les résultats de l'année 1972 n'ont guère été meilleurs, puisque le produit national brut a progressé en volume de 3 % au Royaume-Uni et en Irlande et de 4,5 % au Danemark.

Les perspectives retenues pour l'année 1973 traduisent l'attente d'un vif essor de la conjoncture dans les principaux pays industrialisés, tant à l'intérieur qu'en dehors de la Communauté. Les indications conjoncturelles les plus récentes confirment cette prévision. Aux États-Unis, le produit national brut devrait augmenter de 6 % en volume, de 1972 à 1973, c'est-à-dire au même rythme que de 1971 à 1972. Une croissance comparable est prévisible au Canada et une nette accélération est même attendue au Japon (10 %). Dans la Communauté élargie, les perspectives de développement de la demande intérieure sont favorables.

Il est probable que le rythme de croissance des dépenses des ménages restera rapide tant en valeur qu'en volume. Un redressement des investissements est attendu surtout en Italie et aux Pays-Bas, où un recul avait été observé en 1972. Sous l'impulsion principalement de ces deux composantes de la demande, mais aussi du fait de l'expansion de la demande extérieure, l'activité économique devrait progresser à un rythme plus rapide. L'accélération pourrait être particulièrement vive dans la R.F. d'Allemagne, où les entrées de commandes ont fortement progressé au cours des derniers mois de l'année écoulée.

En France, l'expansion de la demande globale est demeurée soutenue et permet d'escompter la poursuite d'un rythme d'expansion rapide, notamment de la production industrielle, au cours de l'année 1973. Étant donné qu'une forte accélération de l'activité économique est attendue en Italie et, dans une moindre mesure, aux Pays-Bas et dans l'UEBL, et que les résultats de la production dans les pays adhérents devraient eux aussi accuser une accélération du rythme de croissance, l'augmentation du produit brut de la Communauté élargie en 1973 pourrait atteindre en volume quelque 5 %, et celle de la production industrielle un peu plus de 6 % en moyenne d'une année sur l'autre.

TABLEAU 1 >PIC FILE= "T0012262"> Dans ces conditions, il est possible de prévoir une amélioration de la situation sur le marché de l'emploi de la Communauté élargie. Étant donné que la plupart des économies membres se trouvent dans la première phase de reprise conjoncturelle au cours de laquelle les progrès de la productivité sont généralement importants, le nombre de chômeurs ne devrait cependant diminuer que dans une mesure limitée. En Italie, au Royaume-Uni, en Irlande et aux Pays-Bas, le taux de chômage devrait encore se situer à un niveau élevé. Par ailleurs, compte tenu de ces perspectives de redressement de la demande et de l'activité, le risque de persistance des tendances inflationnistes est particulièrement grand.

Les hausses de prix se sont en effet accélérées à la fin de l'année 1972 et, en dépit des progrès de productivité, des tendances au ralentissement ne se manifestent pas du côté des coûts de production. Il est en outre à craindre que les cours des matières premières ne s'orientent à la haussé sous l'impulsion de la demande croissante en provenance des pays industrialisés. En outre, dans le climat actuel de reprise conjoncturelle, les entreprises pourront plus facilement répercuter sur leurs prix de vente les hausses de coûts qu'elles ont dû ou doivent encore enregistrer. Le solde extérieur de la Communauté pourrait être caractérisé par une certaine diminution de l'excédent.

Dans la plupart des pays membres, en effet, la progression des importations devrait être plus rapide qu'en 1972, sous l'impulsion notamment d'une demande intérieure plus soutenue de la compétitivité accrue des produits étrangers sur les marchés de la Communauté. En 1973, pour la Communauté à Neuf, la consommation intérieure d'énergie se situerait à 1 312 millions/tec, soit une augmentation moyenne de 6,1 % contre 3,3 % l'année précédente. Parmi les nouveaux membres, les chiffres du Royaume-Uni se trouvent perturbés par les grèves du début de 1972 et durant cette année la consommation de l'énergie dépasse à peine le niveau de l'année précédente alors que pour les Six l'augmentation moyenne est de 5 % (voir tableau en annexe 1).

TABLEAU 2 >PIC FILE= "T0012263"> Le charbon poursuit son mouvement de recul en valeur absolue comme en valeur relative, mais sa quote-part dans la consommation intérieure d'énergie est fort différente de pays à pays. Au Royaume-Uni, la structure de la consommation d'énergie est plus tournée vers la houille (35 % du total), alors que pour les autres pays ce pourcentage s'échelonne entre 24 et 6 %, le coefficient de l'Allemagne se situant à 22 %. Si le pétrole conserve sa place avec en moyenne près de 60 % du total, le gaz naturel élargit ses positions avec rapidité pour atteindre 13 % des besoins.

L'élargissement de la Communauté avec l'entrée du Royaume-Uni a pour effet de doubler le volume de l'extraction charbonnière mais sans changer pour autant, sur le plan communautaire, l'image générale de cette industrie. Tout d'abord, pour le Royaume-Uni, la quasi totalité de la production est consommée sur place, 2 % seulement étant expédiés en dehors du pays. L'abolition des frontières ne devrait pas amener, à court terme tout au moins, de modifications sensibles des courants commerciaux entre le Royaume-Uni et le continent, le charbon étant à droit nul et le coût du transport aggravé par la traversée de la Manche.

Par ailleurs, l'industrie charbonnière au Royaume-Uni comme dans l'ancienne Communauté à six, est une industrie à forte proportion de main-d'oeuvre avec tous les problèmes sociaux et régionaux qui s'y rattachent. Matériellement, pour ce premier bilan à Neuf, tous les renseignements pour les nouveaux pays membres ne sont pas encore disponibles et il se pose en outre parfois des problèmes d'ajustement statistique. Malgré ces quelques lacunes, il est possible de se faire une idée d'ensemble de la structure charbonnière de la Communauté élargie et de montrer la place du charbon en soi et vis-à-vis des autres énergies dans les principaux secteurs de consommation.

Pour faciliter la présentation et les comparaisons, les tableaux pour les années 1971-1972 se rapportent autant que possible aux neuf pays. II. ANALYSE DE LA DEMANDE INTÉRIEURE DE CHARBON 1. ÉVOLUTION DE LA DEMANDE INTÉRIEURE TOTALE L'incorporation de nouveaux membres, le Royaume-Uni le premier, modifie l'aspect général du marché charbonnier tel qu'il est présenté dans les deux tableaux 3 et 4. La structure de la consommation au Royaume-Uni est en effet différente de celle de la Communauté à Six. Les centrales thermiques comptent pour près de la moitié et les cokeries pour un quart de la consommation totale, alors que dans la Communauté à Six la situation est inversée, la carbonisation comptant pour plus de la moitié et les centrales électriques pour 30 % de la consommation totale.

La consommation de charbon dans la Communauté à Six, du fait de sa structure, n'a pas de lien direct avec le niveau général dé la production industrielle. L'activité de la carbonisation dépend de l'équilibre du bilan coke et de la demande de l'industrie sidérurgique. Quant aux centrales électriques, en dehors des variations de la demande de courant électrique, la politique suivie vis-à-vis de l'équipement et les transformations opérées pour passer d'un combustible à un autre ont une influence considérable sur la consommation de charbon. Ainsi, malgré la reprise économique en 1972 qui, d'après les prévisions, devrait se poursuivre en 1973, la consommation de charbon se présenterait en régression et descendrait, de 1971 à 1973, de 180 à 160 millions/tec, soit une réduction de 11 % en deux ans.

Au Royaume-Uni, la demande totale de houille en deux ans passerait de 128 à 114 millions/tec, soit la même réduction de 11 %, correspondant à une réduction moyenne annuelle de 5 %, mais l'estimation pour le principal poste, les centrales électriques, reste en suspens en attendant les modalités d'application du Coal Industry Bill, d'après lequel des subventions particulières seront affectées à l'écoulement du charbon vers ce secteur de consommation. En tout état de cause, l'ensemble des clauses du Coal Industry Bill ne peut que consolider la position du charbon. TABLEAU 3 >PIC FILE= "T0012264"> Du fait de la régression de l'utilisation du coke dans le secteur des industries diverses et des foyers domestiques, la part de l'industrie sidérurgique dans la consommation totale de coke ne fait que grandir et atteindrait 80 % en 1973.

Au total, pour la Communauté à Neuf, la consommation de coke en 1973 s'élèverait à 76 millions de tonnes, chiffre légèrement supérieur aux réalisations de 1971. TABLEAU 4 >PIC FILE= "T0012265"> 2. ÉVOLUTION DE LA DEMANDE INTÉRIEURE PAR SECTEURS a) Centrales thermiques Après un ralentissement passager en 1971, la consommation intérieure d'énergie électrique a retrouvé un rythme de croissance conforme à la tendance à long terme, ce rythme étant cependant plus faible au Royaume-Uni que dans les autres États membres. Au total, la consommation d'électricité s'élèverait en 1973 à 1 018 tWh en augmentation sur 1972 de 63 tWh, soit 6,7 % (7,3 % chez les Six, 5,3 % chez les nouveaux membres).

La répartition par mode de production de l'ensemble des centrales électriques de la Communauté se présenterait ainsi en 1973 en hypothèse moyenne d'hydraulicité et de température: >PIC FILE= "T0012266"> La part de l'énergie nucléaire reste encore limitée à 6,6 % du total, soit 10 900 MW installés, dont la moitié au Royaume-Uni. Actuellement 17 000 MW sont en cours de construction devant porter, vers 1976, la puissance installée à 28 000 MW. Au-delà, des projets pour de nouveaux réacteurs correspondent à une puissance installée de 15 800 MW, la plus grande partie, 13 000 MW se situant en Allemagne.

Les centrales thermiques classiques tiennent non seulement une position prédominante, mais il est encore fait appel en 1973 à de nouvelles installations de ce type pour assurer les deux tiers de l'accroissement des besoins. TABLEAU 5 >PIC FILE= "T0012267"> Dans tous les pays à production charbonnière, à l'exception du Royaume-Uni, la part du charbon dans l'approvisionnement des centrales thermiques est en régression, en pourcentage comme en valeur absolue. Pour l'ensemble de la Communauté en 1973, la part du charbon avec 108 millions/tec est estimée à 38 %. Le tableau en annexe 2 montre la part de chacune des sources d'énergie dans l'approvisionnement en combustibles des centrales thermiques pour les trois années considérées.

Même sur une période aussi courte que trois ans, il est possible de se rendre compte des modifications apportées au mode d'approvisionnement des centrales thermiques. En Allemagne, contrairement aux prévisions, la consommation de charbon en 1972 est en léger recul et qui doit s'accentuer en 1973. De nouvelles mesures d'aides, décidées en 1972 et visant à la création de centrales monovalentes au charbon pour un maximum de 6 000 MW, doivent prendre la succession des «Verstromungsgesetze». Jusqu'à présent, des commandes ont été passées pour l'installation de 2 000 MW. La poursuite du programme dépendra du rapport entre le montant du crédit disponible et le taux nécessaire de subvention à l'unité de puissance installée.

Le lignite, les produits pétroliers et notamment le gaz naturel progressent à une cadence rapide. En France, le rythme de régression est plus rapide, 25 % des débouchés en deux ans, le résultat de la transformation de centrales au charbon en centrales au fuel et, en 1973, les produits pétroliers couvriraient 56 % de l'approvisionnement des centrales thermiques. Le rapport de prix est à l'avantage du fuel, malgré les aides apportées aux charbons indigènes. En Belgique, la houille avec moins de 2 millions de tonnes ne représentera plus que 15 % de l'approvisionnement en combustible des centrales thermiques.

La couverture des besoins supplémentaires est assurée en majeure partie par les produits pétroliers. Aux Pays-Bas, moins d'un million de tonnes de houille, soit 4 %, seront en 1973 brûlées dans les centrales électriques. Le fuel de même réduit son tonnage. La différence comme l'accroissement général de la demande sont couverts par le gaz naturel qui constituera les trois quarts de l'approvisionnement en combustible. Au Royaume-Uni, du fait même de la structure de l'approvisionnement en énergie du pays et de la structure des équipements des centrales, une part considérable de l'approvisionnement, près des deux tiers, serait couverte par le charbon.

La part du gaz naturel, encore très limitée, passe cependant en deux ans de 1 à 4 %. La mise en application des mesures d'aides décidées récemment en faveur de l'écoulement du charbon vapeur vers les centrales électriques est encore inconnue. Le chiffre de 58,6 millions/tec correspond à la situation prévisible sans aide et devrait être considéré comme un minimum susceptible d'être remonté de plusieurs millions de tonnes. L'évolution des consommations respectives de houille et de lignite sur les trois années considérées est donné pour chacun des pays de la Communauté dans, le tableau 6.

TABLEAU 6 >PIC FILE= "T0012268"> Sur une consommation globale de houille en 1971 de 121 millions/tec, 12 millions/tec ont été importées des pays tiers 70 % du tonnage provient de Pologne et des USA, mais on note un développement des ventes à partir de l'Australie. La répartition des tonnages par provenance et par pays de destination est donnée pour 1971 dans le tableau suivant: TABLEAU 7 >PIC FILE= "T0012269"> Pour la Communauté à Six, les importations de houille en 1971 descendaient en-dessous de 7 millions de tonnes contre 9 millions de tonnes l'année précédente. Pour le Royaume-Uni, 3,6 millions de tonnes ont été importées en 1971 mais l'on s'attend à une forte réduction de ces courants d'approvisionnement durant l'année 1973.

Au Danemark, en revanche, durant l'année considérée, il faut s'attendre à une reprise des importations qui retrouveraient le niveau de 3,5 millions de tonnes. Les quatre cinquièmes de ces charbons proviennent de Pologne et le reste d'URSS. b) Industrie sidérurgique Pour les pays de la Communauté à Six, des signes de reprise se sont manifestés dès le début de 1972 et la production communautaire d'acier se monte pour cette année à 113 millions de tonnes, en augmentation de 10 millions de tonnes sur 1971 et supérieure de 3,9 millions de tonnes au maximum de 1970. Le marché extérieur a joué un rôle important dans le développement de l'activité sidérurgique, le marché intérieur étant resté assez calme avec cependant l'amorce d'une certaine reconstitution des stocks de la part des consommateurs.

Au Royaume-Uni, les premiers signes de reprise sont plus tardifs, au début du deuxième semestre 1972, mais la reprise reste limitée en raison de la faible activité dans les secteurs d'investissements. La production d'acier brut s'élève en 1972 à 26 millions de tonnes en légère augmentation sur 1971. La reprise s'est manifestée de même chez les principaux producteurs du monde. Aux USA comme au Japon, la production d'acier brut en 1972 a connu une augmentation de 8 % par rapport à l'année précédente. L'entrée du Royaume-Uni, du Danemark et de l'Irlande aura un effet stimulant sur le marché de l'acier, qui bénéficiera de l'impulsion donnée à la consommation d'acier par l'industrie transformatrice mais sous une forme encore limitée en 1973 ne serait-ce que par la progressivité dans la suppression des droits de douane.

En 1973, la consommation réelle d'acier brut de la Communauté pourrait encore augmenter de 5 % par suite d'une bonne orientation dans le secteur des biens d'investissement. Il ne faut pas s'attendre en revanche à des progrès sensibles dans l'exportation vers les pays tiers, celle-ci ayant atteint un niveau déjà élevé. La production d'acier brut se situerait à 119 millions de tonnes pour les Six, chiffre auquel il faut ajouter 28,9 millions de tonnes pour les trois nouveaux pays membres, portant ainsi le total pour la Communauté à 148 millions de tonnes. A cette hypothèse de production d'acier brut correspond une production de fonte de 104 millions de tonnes, dont près de 86 millions de tonnes pour les Six.

TABLEAU 8 >PIC FILE= "T0012270"> Aucun problème d'approvisionnement en matières premières, sur le plan quantitatif tout au moins, ne devrait se poser en 1973. Il faut s'attendre à la poursuite de la réduction de la mise au mille de coke dans les hauts fourneaux qui, en 1972, est descendue à un niveau sensiblement inférieur aux prévisions. La mise en route de nouvelles unités sidérurgiques et l'amélioration continue de la conduite des hauts fourneaux auront pour effet de réduire encore la mise au mille qui n'atteindrait plus en moyenne que 522 kg en 1973. TABLEAU 9 >PIC FILE= "T0012271"> En 1972, la production d'acier et de fonte pour la Communauté à Six était supérieure aux prévisions établies un an auparavant, résultat de la sous-estimation habituelle de l'ampleur des mouvements de l'industrie sidérurgique vers le haut comme vers le bas.

Cette sous-estimation s'est cependant trouvée compensée par une surestimation de la mise au mille d'où une consommation de coke de 46,6 millions de tonnes égale à celle prévue. Pour 1973, on peut s'attendre à un relèvement de la demande en coke pour l'ensemble de la Communauté malgré la réduction escomptée de la mise au mille. TABLEAU 10 >PIC FILE= "T0012272"> c) Foyers domestiques L'utilisation de combustibles minéraux solides dans le secteur des foyers domestiques est estimée à 45 millions/tec pour 1973, soit 15 % de la demande globale de la Communauté, près de la moitié du tonnage étant utilisé au Royaume-Uni.

Cette consommation est négligeable au Danemark mais s'élève à près d'un million de tonnes en Irlande. La structure du système de chauffage au Royaume-Uni se présente sous une forme différente de celle pratiquée sur le continent. L'utilisation de l'électricité comme chauffage d'appoint y est en effet très répandue alors que l'utilisation de poêles individuels et du chauffage central est plus limitée. Le feu ouvert de son côté conserve une place considérable. En deux ans, de 1971 à 1973, il faut s'attendre à une perte de 23 % des débouchés, mais, selon les prévisions, avec un rythme ralenti pour 1973.

Les charbons, houille et coke, subissent la pression des autres énergies dans tous les pays producteurs, Royaume-Uni compris. Dans ce dernier pays toutefois, l'écart de prix entre le charbon et les fuels domestiques est moins important que sur le continent. Les statistiques disponibles ne permettent pas de faire ressortir les places respectives du charbon et des énergies concurrentes, fuel-oil et gaz, dans l'approvisionnement du secteur foyers domestiques. TABLEAU 11 >PIC FILE= "T0012273"> La répartition par pays des différentes catégories de combustibles minéraux solides consommés dans le secteur foyers domestiques se trouve dans le tableau en annexe 3. d) Autres secteurs - Industries diverses La bonne conjoncture annoncée pour 1973 permet pour le secteur industries diverses un ralentissement dans la perte de débouchés du charbon, mais qui sur deux ans atteindrait encore en moyenne pour la Communauté plus de 25 %.

Le rythme de régression est atténué pour le coke qui, dans certains pays, élargit même ses positions lorsqu'il s'agit de consommation spécifique comme dans la chimie et l'électrométallurgie, mais seuls de faibles tonnages sont en jeu. TABLEAU 12 >PIC FILE= "T0012274"> Le tableau 13 montre les parts respectives des différents combustibles dans l'approvisionnement du secteur «autres industries» pour la Communauté dans son ensemble. Le chiffre moyen de 9 % en 1973 pour les combustibles solides couvre des positions fort différentes selon les pays et l'état d'avancement du processus de substitution énergétique lui-même directement lié à l'importance relative de la production charbonnière indigène.

Ce pourcentage est le plus élevé au Royaume-Uni, 19 %, pour descendre à 9 % en Allemagne et à 7 % en France. Il est inférieur à 3 % pour des pays sans production charbonnière tels que l'Irlande et le Danemark. Le pétrole conserve une position dominante avec 67 % du total mais l'utilisation du gaz naturel se développe rapidement et ce combustible, en 1973, devrait couvrir près du quart de la consommation en énergie du secteur avec un maximum de 74 % aux Pays-Bas. TABLEAU 13 >PIC FILE= "T0012275"> - Chemins de fer et usines à gaz Le total de la consommation de houille dans ces deux secteurs ne s'élèverait plus qu'à 3,4 millions de tonnes en 1973, soit 1 % de la consommation globale de la Communauté, les quatre cinquièmes se situant en Allemagne.

Au Royaume-Uni, la consommation dans ces deux secteurs est devenue minime alors qu'elle se montait encore à 16 millions de tonnes il y a 5 ans, mais dont la presque totalité, 15 millions de tonnes, allait aux usines à gaz, la transformation de l'équipement des chemins de fer étant déjà accomplie à cette époque. La disparition des usines à gaz classiques est due principalement à l'arrivée rapide du gaz naturel. III. PRODUCTION DE COKE DE FOUR - CAPACITÉS DE PRODUCTION DES COKERIES ET LEUR APPROVISIONNEMENT EN HOUILLE Pour la Communauté à Six, la production globale de coke de four en 1972 a marqué un recul dû principalement à la situation en Allemagne où la nécessité de réajuster le bilan devant l'accumulation des stocks de coke s'est cependant trouvée limitée, l'activité des cokeries étant liée à l'exécution des contrats de vente de gaz.

Un certain recul s'est de même manifesté en France. Les prévisions pour 1973 annoncent une reprise, à l'exception de l'Allemagne. Pour les Pays-Bas, la production augmenterait de près de moitié, passant à 2,9 millions de tonnes par suite de la mise en route de nouvelles cokeries. Parmi les trois nouveaux pays membres, seul le Royaume-Uni possède une industrie de carbonisation. En laissant de côté les résultats de 1972, troublés par la grève, les prévisions pour 1973 envisagent un volume de production à peine supérieur à celui de 1971. Au total, pour la Communauté à Neuf, la production s'établirait avec 83 millions de tonnes à un niveau un peu inférieur à celui de 1971.

Les bilans coke font ressortir un nouveau stockage à la production de près de 4 millions de tonnes en Allemagne et de 1,5 million de tonnes au Royaume-Uni. Pour ce dernier pays toutefois, le niveau des stocks à la production était très bas en début d'année. TABLEAU 14 >PIC FILE= "T0012276"> L'industrie sidérurgique dans la Communauté à Six poursuit le développement de ses capacités de carbonisation qui, en 1973, devraient s'élever à 32 millions de tonnes contre seulement 23 millions de tonnes cinq ans auparavant. Les nouvelles installations se situent en presque totalité sur la côte.

Il s'agit là du résultat des programmes d'investissement décidés en 1969/1970 à l'époque de haute conjoncture qui avait conduit à quelques difficultés d'approvisionnement en coke. La couverture par ses propres cokeries des besoins en coke de la sidérurgie passerait alors à 60 %. L'approvisionnement en coke étant assuré en priorité par les cokeries intégrées à l'usine, l'industrie sidérurgique reporte ainsi les fluctuations de la demande en premier lieu sur les cokeries minières où se trouvent des capacités excédentaires, d'autant plus que les besoins en coke des industries diverses et des foyers domestiques continuent à régresser.

Au Royaume-Uni, la structure de l'approvisionnement en coke est différente de celle de la Communauté à Six. L'industrie sidérurgique repose pour son approvisionnement en coke, environ 13 millions de tonnes par an, en presque totalité sur ses propres cokeries. La production des cokeries minières, d'une capacité d'environ 4 millions de tonnes, est destinée à la fonderie et aux autres usages industriels. Il ne faut pas s'attendre à des modifications sensibles de la demande en coke pour 1973. TABLEAU 15 >PIC FILE= "T0012277"> Pour la Communauté à Six, durant les années 1970 à 1972, la diminution de l'activité des cokeries a conduit à une réduction des besoins en charbon à coke qui a porté essentiellement sur les disponibilités provenant des charbonnages communautaires.

Après un creux en 1971, les importations en provenance des pays tiers remontent en effet en 1972 à un niveau proche de celui de 1970. Le rapport de prix entre charbon importé et charbon communautaire était à l'avantage du premier grâce notamment à un niveau de frêts maritimes particulièrement bas et ceci jusqu'en septembre 1972. La position des charbons à coke communautaires s'est ainsi détériorée devant l'élargissement de l'écart de prix avec les charbons importés et ceci malgré les mesures d'aides à l'écoulement selon la décision 70/1. La réduction du volume des échanges intracommunautaires, c'est-à-dire des livraisons de charbon à coke d'Allemagne vers les autres pays de la Communauté est à cet égard significative.

La situation en 1973 dépendra de l'évolution des taux de frêts maritimes en hausse récente par suite en particulier de la forte demande de transport en blé. A la date de la rédaction, en outre, l'incertitude règne encore sur l'instauration d'aides à l'écoulement des charbons à coke communautaires prenant la suite de la décision 70/1. Au Royaume-Uni, du fait de l'évolution qualitative des disponibilités indigènes en charbon à coke et de la nécessité de se procurer par mélange des bons charbons à coke à basse teneur en matières volatiles, la sidérurgie britannique a importé en 1972 environ 1,2 million de tonnes et poursuivrait ses achats en 1973 sur le même niveau.

TABLEAU 16 >PIC FILE= "T0012278"> Le tableau en annexe 4 montre par pays membre le détail de l'évolution de l'approvisionnement des cokeries sur les trois années considérées, charbons indigènes, en provenance d'autres pays de la Communauté et en provenance des pays tiers. Ces mêmes chiffres sont exprimés en pourcentages dans le graphique ci-contre. APPROVISIONNEMENT EN HOUILLE DES COKERIES PAR PROVENANCE COMMUNAUTÉ - ESTIMATIONS 1972 >PIC FILE= "T0012279"> IV. PRODUCTION DE HOUILLE ET SITUATION FINANCIÈRE DES CHARBONNAGES 1. Production de houille En 1972, la production charbonnière de la Communauté élargie s'est élevée à 251 millions/tec, en réduction de 40 millions/tec sur l'année précédente.

La plus grande partie du recul se situe au Royaume-Uni, 26 millions de tonnes, dont 21 millions/tec dus à la grève des charbonnages en début d'année. En Allemagne, devant l'accumulation des stocks à la mine et comme il était prévu, l'extraction a dû quitter le niveau de 112 millions/tec qu'il tenait depuis 5 ans pour s'abaisser de 9 millions/tec dont 2 millions/tec dus au chômage. Pour 1973, en Belgique, en France et aux Pays-Bas, la réduction de la production se poursuit conformément aux programmes à un rythme de 5 %, 6 % et 30 % respectivement. L'évolution de la production allemande résultera de l'adaptation aux possibilités d'écoulement et le chiffre de 96 millions de tonnes (séries nationales) est donné à titre indicatif et sous toute réserve.

Malgré cette nouvelle et sensible réduction, il est encore prévu un excédent de disponibilités se traduisant par un stockage supplémentaire à la mine. Au Royaume-Uni, il est envisagé une production de 126 millions/tec en réduction de 9 millions/tec sur celle réalisée deux ans auparavant, le rythme de régression étant moins accusé que pour les autres producteurs de la Communauté. On trouvera dans l'annexe 6 les chiffres de production par bassin pour les trois années considérées, à l'exception toutefois d'indication pour 1973 pour le Royaume-Uni. TABLEAU 17 >PIC FILE= "T0012280"> Pour l'ensemble de la Communauté à Neuf, l'année 1972 a vu la fermeture de 18 sièges correspondant à une capacité d'extraction de près de 7 millions de tonnes.

La répartition de ces fermetures selon les bassins est fournie par le tableau 18. Pour 1973, dans la Communauté à Six, il est encore prévu la fermeture de 14 sièges représentant une capacité d'extraction de 14,5 millions de tonnes. Aucune indication n'est fournie pour le Royaume-Uni. TABLEAU 18 >PIC FILE= "T0012281"> 2. Rendement et coût salarial Pour la Communauté à Six dans son ensemble, le rendement par poste au fond s'est élevé de 4,1 % en 1972, contre 2,1 % en 1971. Cette évolution plus favorable est due notamment à l'amélioration du rendement des mines en Allemagne, respectivement 5,3 et 2,1 %.

En Belgique, par contre, la stagnation du rendement s'est maintenue pour la deuxième année consécutive. Au Royaume-Uni, le rendement par ouvrier du fond et par poste s'est élevé à 3 380 kg en 1971 pour descendre en-dessous de ce chiffre en 1972 du fait de la grève. Le rendement s'étant fortement relevé depuis lors devrait s'établir à 3 660 kg en 1973, soit une augmentation de 8 % en deux ans. Pour la Communauté à Six en 1973, les chiffres d'accroissement annuel du rendement correspondent à la tendance actuelle. Ils sont susceptibles de révision vers le haut si les espoirs de redressement devaient se réaliser, malgré le haut degré de mécanisation déjà atteint dans les mines.

Pour la Communauté à Six, le salaire moyen s'est accru en 1972 de 7 % à 10 % selon les pays par rapport à la situation de 1971. TABLEAU 19 >PIC FILE= "T0012282"> >PIC FILE= "T0012283"> 3. Prix de revient - Recettes L'amélioration du rendement observée pour l'ensemble de la Communauté à Six n'a pu compenser l'augmentation des salaires et des prix du matériel avec pour conséquence en 1972 un sensible accroissement des prix de revient dans les mines. De même, l'augmentation des coûts n'a pu être compensée qu'en partie par l'accroissement des recettes dû au relèvement des prix amenant ainsi une détérioration de la situation financière dans la plupart des entreprises.

Il s'y ajoute, principalement en Allemagne, l'accumulation des stocks invendus à la mine, se traduisant par des pertes de recettes totales et une aggravation du problème des liquidités. Le tableau 20 ne contient pas d'indication pour le Royaume-Uni, les données disponibles ne permettant pas une estimation du prix de revient et des recettes pour l'année 1972. Il existe en outre des problèmes de comparabilité pour les coûts et recettes calculés dans la Communauté et le Royaume-Uni. Il faut noter cependant un accroissement anormal en 1972 du prix de revient de la production du fait des grèves.

TABLEAU 20 >PIC FILE= "T0012284"> Au cours de l'année 1972, les prix de barème pour les charbons de la Communauté ont enregistré certaines hausses, d'une ampleur et d'une portée nettement limitées si on les compare à celles des deux années précédentes. L'annexe 5 reprend les prix de barême hors taxe départ mine pour les principales catégories offertes par les bassins les plus importants de la Communauté au 1er janvier 1972 et au 1er janvier 1973. Pour certains bassins, ce tableau traduit une stabilité des prix, notamment pour les sortes à usages industriels. Les augmentations intervenues en 1972 vont de 1 à 2 % pour l'anthracite et de 4 à 8 % pour les maigres ; elles s'échelonnent de 2 à 5 % pour les flambants et de 4 à 6 % pour les charbons à coke et les cokes de haut fourneau.

En ce qui concerne le Royaume-Uni, 3 des 17 areas, ou groupes d'exploitation, ont été retenus. En raison de leurs coûts de production, les areas Scottish North et South Wales ont les prix les plus élevés du pays. Le Yorkshire qui fait partie des East Midlands, applique comme les six autres areas de ce bassin les prix les plus bas. Le tableau 21 ci-dessous montre les écarts entre les prix de barème dans la Communauté pour des sortes types au 1er janvier 1973: TABLEAU 21 >PIC FILE= "T0012285"> Au début de 1973, aucun mouvement de prix notable n'est signalé par les producteurs continentaux.

4. Interventions financières des États Les aides directes à l'industrie charbonnière de la Communauté sont basées sur la décision nº 3/71 de la Commission. Viennent ensuite les aides accordées à la production et à l'écoulement du charbon à coke et du coke destiné à l'industrie sidérurgique, basées sur la décision nº 70/1, venue à son terme à fin 1972. Les aides indirectes sont constituées par les interventions diverses des gouvernements, telles l'aide à l'écoulement vers les centrales électriques («Verstromungsgesetze»), subventions pour la recherche, etc. qui doivent être notifiées à la Commission selon les stipulations de l'article 2 paragraphe 1 premier alinéa de la décision 3/71.

Le total de ces aides repris au tableau 22 ne comprend cependant pas les mesures financières des États membres dans le domaine des assurances sociales de l'industrie houillère (art. 4 de la décision 3/71), étant donné qu'il s'agit de mesures sociales de caractère général ou de charges du passé n'ayant pas de corrélation directe avec la production actuelle. Le montant global de ces dernières mesures atteindrait approximativement 1,6 milliard d'UC en 1972. Par rapport à 1971, il s'agit d'une augmentation de 11,3 %, tandis qu'en 1971 le taux d'augmentation se montait à 6,2 %. Le total des estimations pour les aides décrites au tableau 22 qui en 1971, pour la moyenne communautaire, n'avait augmenté que de 0,13 UC/t s'est accru d'une façon sensiblement plus forte dans tous les pays en 1972.

Pour l'ensemble de la Communauté cette augmentation s'élève à 0,80 UC/t. Cette tendance est très prononcée en Belgique, où, à cause d'une forte augmentation des aides pour la couverture des pertes des charbonnages, le montant des aides directes par tonne a augmenté subitement de 6,24 UC/t en 1971 à 10 UC/t en 1972. Les aides aux charbonnages allemands qui, en 1971, ont été abaissées à un montant de 1,79 UC/t se sont à nouveau accrues en 1972 en raison d'une augmentation des versements dans le cadre de la décision 70/1 ainsi que par les mesures spéciales prises en faveur de la Ruhrkohle AG.

L'ensemble des aides directes et indirectes aux charbonnages allemands s'élevait en 1972 à 2,46 UC/t. En 1972, pour la Communauté à Six, 1,91 UC/t, soit la moitié du total, représentent les aides destinées à éviter des troubles graves dans la vie économique et sociale d'une région où n'existent pas encore de possibilités de réemploi suffisantes (art. 9 de la décision 3/71). En décembre 1972, le gouvernement britannique a introduit au Parlement la «Coal Industry Bill» qui prévoît un programme d'aides financières à l'industrie charbonnière limité à une période de 3 à 5 ans.

La «Coal Industry Bill» comprend deux groupes de mesures pouvant porter sur un montant maximum de près de 1,2 milliard de £. Par une nouvelle évaluation des actifs et l'annulation des pertes accumulées, se traduisant par une réduction des dettes vis-à-vis de l'État de 475 millions de £ au total, cette opération réduit les charges financières entrant dans le prix de revient de la production. En plus, le National Coal Board recevra pour les 3 ou éventuellement 5 années fiscales, se terminant respectivement le 30 mars des années 1976 et 1978, des aides plafonnées à respectivement 490 et 695 millions de £.

Ces aides concernent des mesures d'ordre social et régional, le stockage de houille et de coke ainsi que l'écoulement de houille aux centrales électriques et aux cokeries. TABLEAU 22 >PIC FILE= "T0012286"> 5. Évolution de l'emploi L'effectif moyen total (ouvriers, employés et apprentis) des charbonnages de la Communauté à Six se situe en 1972 à 384 000 personnes, soit une diminution de 8,4 % par rapport à l'année précédente. Les effectifs employés au fond représentant plus de la moitié de la main-d'oeuvre totale passeraient de 225 700 à 207 400, soit une réduction de 18 300 ouvriers.

Les taux de régression varient de 4,4 % pour la Belgique à 17,7 % pour les Pays-Bas. Il faut constater que la reprise de la tendance à la diminution du nombre de personnes employées dans l'industrie houillère allemande, fait passer pour la Communauté à Six le taux annuel de régression en 1972 à 8,2 % contre 4,6 % en 1971. TABLEAU 23 >PIC FILE= "T0012287"> Le mouvement de concentration sur la tranche de 40/50 ans de l'âge des ouvriers au fond que l'on avait constaté ces dernières années s'est poursuivi en 1971 mais à un rythme ralenti. La main-d'oeuvre étrangère à la Communauté a augmenté en valeur absolue passant de 48 800 en 1970 à 51 800 en 1971 ; celle-ci représente environ 12,5 % du total de l'effectif.

Plus de 70 % de cette main-d'oeuvre étrangère est constituée par des ressortissants de Turquie et d'Afrique du Nord. Le nombre de ces derniers est resté stable et ce sont les ressortissants de Turquie qui ont fourni l'essentiel de l'augmentation en main-d'oeuvre étrangère nécessaire aux exploitations minières : 23 900 à fin 1971 contre 19 800 à fin 1970. Au Royaume-Uni, le nombre d'ouvriers inscrits au fond s'élèverait en 1973 à 179 000 hommes, chiffre un peu inférieur à celui de la Communauté à Six. Le rythme de régression annuel se monte à environ 6 %. Pour les deux principaux producteurs, l'Allemagne et le Royaume-Uni, la pyramide d'âge pour l'ensemble des travailleurs à la mine se présentait en 1971 de façon fort différente: >PIC FILE= "T0012288"> Contrairement à la situation dans la Communauté à Six, la part de la main-d'oeuvre étrangère dans les charbonnages du Royaume-Uni reste limitée.

V. COMMERCE EXTÉRIEUR 1. Importation en provenance des pays tiers Le commerce mondial de charbon s'est maintenu en 1971 et 1972 à environ 145 millions de tonnes, niveau un peu inférieur à celui de 1970, qui correspondait à une pointe de l'activité sidérurgique. La Communauté à Neuf intervient dans ce commerce pour 22 % avec 31 millions de tonnes d'importation. Le Japon reste le plus fort importateur, où, après une baisse en 1971, les importations remontent en 1972 à 49 millions de tonnes, suivant la reprise de l'activité de l'industrie sidérurgique. Pour les pays de l'Europe de l'Est, les importations se montent à un total de 31 millions de tonnes en quasi totalité constituées par des mouvements à l'intérieur du Comecon.

Du côté de l'exportation, sur le plan mondial, il convient toujours de signaler la baisse des livraisons en provenance des États-Unis au profit de l'Australie et du Canada. Les États-Unis, avec plus de 50 millions de tonnes en 1972, représentent cependant encore 45 % du total des exportations vers les pays à économie libre. Pour l'Australie, dont l'exportation s'élevait à 24 millions de tonnes en 1972, la plus grande partie des livraisons correspondent à des contrats à long terme avec le Japon. Cherchant une diversification de ses débouchés, l'Australie commence à s'implanter dans le marché européen.

Le Canada a éprouvé de sérieuses difficultés pour la mise en route de ses exportations dont le développement date seulement de 1970. Il se pose en particulier des problèmes de recrutement, des difficultés géologiques pour l'exploitation des mines ainsi que des complications dans la préparation des charbons, avec toutes les implications financières que cela comporte. Le Canada toutefois poursuit l'expansion de ses exportations qui approchaient en 1972 les 8 millions de tonnes, concernant essentiellement des contrats à long terme avec le Japon, avec aussi quelques cargaisons d'essai sur l'Europe.

La Pologne accroît son potentiel de production avec rapidité et l'extraction s'est élevée à 150 millions de tonnes en 1972 contre 124 millions de tonnes il y a 5 ans. Les exportations dépassent les 30 millions de tonnes par an dont plus de la moitié vers les pays à économie libre. Dans ces chiffres le charbon à coke tient une place croissante, de l'ordre de 7 millions de tonnes. L'URSS avec une production de l'ordre de 500 millions de tonnes maintiendrait ses exportations au niveau réduit de 24 millions de tonnes, dont 10 millions de tonnes en dehors du Comecon. TABLEAU 24 >PIC FILE= "T0012289"> Le tableau 25 montre pour les trois années considérées et pour la Communauté à Neuf, un chiffre d'importation total devant passer de 31 millions de tonnes en 1972 à près de 33 millions de tonnes en 1973, cette situation couvrant des positions diverses selon les pays.

Il convient de distinguer les pays de la Communauté à Six, importateurs traditionnels, du Royaume-Uni nouveau venu sur le marché. Pour la Communauté à Six, les chiffres traduisent les politiques différentes suivies par chacun des pays. Les réalisations de 1972 et les prévisions pour 1973 font ressortir un accroissement des importations en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas et qui concernent essentiellement les charbons à coke. En Allemagne, les importations se maintiendraient à un niveau inférieur au tonnage autorisé de 5,5 millions de tonnes du contingent tarifaire. En France, le volume d'importation se présente en nette régression sur les deux années considérées.

Au Royaume-Uni, étant donné la récente liberté accordée à l'importation en décembre 1970, il ne s'agit pas de courants traditionnels mais d'achats destinés à compléter l'approvisionnement des deux principaux consommateurs, la sidérurgie et les centrales électriques, et dans une moindre mesure les foyers domestiques. En 1972, les achats ont été influencés par la grève des charbonnages pour s'élever à 4,5 millions de tonnes. Ils doivent se réduire considérablement en 1973, moins de 2 millions de tonnes, destinées principalement à la sidérurgie avec des tonnages limités pour les centrales électriques.

TABLEAU 25 >PIC FILE= "T0012290"> La répartition par provenance et par pays réceptionnaire est donnée en détail pour l'année 1971 dans le tableau 26. TABLEAU 26 >PIC FILE= "T0012291"> Sur le plan qualitatif, le charbon à coke représente la moitié du tonnage importé, le reste étant constitué par du charbon vapeur à l'usage des centrales thermiques et d'anthracites pour le secteur foyers domestiques. Parmi les courants d'approvisionnement on note toujours une réduction des livraisons en provenance des États-Unis au profit de celles en provenance de Pologne et d'Australie. Les livraisons en provenance d'URSS se montrent de même en réduction étant donné la régression des besoins en anthracites.

TABLEAU 27 >PIC FILE= "T0012292"> A la date de la rédaction, une incertitude s'attache pour 1973 à la situation des charbons à coke communautaires et de leur position concurrentielle vis-à-vis des charbons à coke importés. La décision 70/1 a pris fin au 31 décembre 1972 et les discussions se poursuivent en vue d'un accord sur une nouvelle décision. La suppression des aides à l'écoulement pour les charbons à coke communautaires serait susceptible de modifier la part accordée à l'importation pour l'approvisionnement des cokeries. Une incertitude règne de même en ce qui concerne le volume des charbons anglais susceptibles d'être livrés vers les autres pays de la Communauté à la suite de l'ouverture des frontières avec les répercussions éventuelles de cet accroissement de trafic sur les tonnages importés de pays tiers, comme ce pourrait être le cas en Allemagne du Nord.

L'ampleur des mouvements auxquels on peut s'attendre dans un cas comme dans l'autre devrait cependant rester limitée. La position concurrentielle des charbons importés reste toujours fortement influencée par les variations de prix des transports qui entrent dans certains cas pour un pourcentage appréciable du coût final du combustible rendu port européen. Les frêts maritimes étant descendus particulièrement bas au début de 1971 ont gardé ce niveau pendant une période de temps assez longue. Ce n'est qu'en septembre 1972, à la suite entre autres d'achats considérables de blé par l'URSS, que les cours ont marqué une nette reprise.

Celle-ci concernait en premier lieu les affrêtements spot mais après quelques semaines et devant la poursuite de la hausse les affrêtements à temps ont suivi le mouvement. Au début de l'année 1973, des affrêtements spot sur le trajet Hampton Roads (USA)/Rotterdam ont dépassé les 5 $ contre seulement 2,10 $ un an auparavant. A moins court terme la position de plus en plus importatrice des États-Unis en matière d'énergie ne peut que soutenir le marché des frêts maritimes. 2. Exportation vers les pays tiers Les exportations de houille vers les pays tiers atteindraient en 1973, 1,2 million de tonnes, constituées pour la plus grande partie par du charbon allemand et pour moins de 200 000 t (à destination de l'Irlande et de la Norvège) de charbon du Royaume-Uni qui dirige le principal de ses exportations vers les pays de l'ancienne Communauté.

Les exportations d'Allemagne se maintiendraient au niveau réduit d'environ 1 million de tonnes, à destination principalement de l'Autriche et de la Scandinavie. Les exportations de coke s'élèveraient en 1973 à 2,5 millions de tonnes dans la ligne des années antérieures, assurées à 40 % par l'Allemagne et le reste par les autres pays de la Communauté, Royaume-Uni compris. Ces tonnages sont destinés en Europe pour la plus grande part à la Suède, à la Suisse et à l'Autriche. VI. ÉCHANGES INTRACOMMUNAUTAIRES Étant donné les modifications apportées au régime commercial des échanges avec les nouveaux pays membres à dater du 1er janvier 1973, il convient pour l'examen de l'évolution des courants pendant les 3 années considérées, de distinguer d'une part la Communauté à Six et, d'autre part, le Royaume-Uni, seul producteur parmi les nouveaux membres.

Pour la Communauté à Six, la tendance générale des échanges de houille est toujours à la baisse, 1972 ayant marqué une rupture assez nette par rapport à l'année précédente, 2 millions de tonnes de moins. La raison principale de cette chute se trouve dans la réduction des livraisons de charbon à coke de l'Allemagne vers les autres pays de la Communauté en raison des prix particulièrement compétitifs des charbons importés grâce entre autres au niveau anormalement bas des frêts durant la plus grande partie de l'année. Il s'agit d'environ 1,5 million de tonnes jouant principalement sur les livraisons vers les cokeries de Belgique, d'Italie et des Pays-Bas.

En 1973, ces courants se maintiendraient au niveau de l'année précédente. On s'attend, en revanche, pour les autres catégories de houille, à une baisse des expéditions, notamment des Pays-Bas, s'expliquant par le recul de l'extraction. En provenance du Royaume-Uni, les livraisons en 1973 retrouveraient un niveau proche de celui de 1971. Cette indication présente un caractère particulier d'incertitude, étant donné la liberté dont jouissent maintenant ces échanges qui, auparavant, se heurtaient à des contingents tarifaires comme en Allemagne et à l'octroi de licences d'importation dans la plupart des pays de la Communauté à Six.

Toutefois, la traversée de la mer avec une double rupture de charge et les frais correspondants constitue un handicap pour le développement de ces échanges. Le Danemark ne reçoit que des tonnages insignifiants de la part des producteurs de la Communauté, tandis que l'Irlande achète environ 100 000 tonnes par an au Royaume-Uni pour des importations totales approchant le million de tonnes. Pour le coke de four, les livraisons proviennent à près de 90 % de l'Allemagne. Leur volume à destination de la France et du Luxembourg suit la demande de l'industrie sidérurgique et devrait se relever en 1973.

Il faut signaler la forte réduction des expéditions vers les Pays-Bas en raison de la mise en route de nouvelles cokeries et, dans une moindre mesure, vers la Belgique pour les mêmes raisons. Au total, les échanges intracommunautaires de coke descendraient en-dessous dé 8 millions de tonnes en 1973. Le détail par pays des échanges intracommunautaires de houille et de coke de four se trouvent dans les tableaux en annexe 7 et 8. VII. STOCKS A LA PRODUCTION DE HOUILLE ET DE COKE DE FOUR - ÉVOLUTION DU BILAN CHARBON Le mouvement de stockage à la production commencé en 1971 s'est poursuivi en 1972 avec une nouvelle mise en stock à la production de 3,7 millions/tec de houille et de 3,5 millions de tonnes de coke, se situant en quasi totalité en Allemagne et dans une faible mesure en Belgique et aux Pays-Bas.

Au Royaume-Uni, la grève de février a provoqué une réduction temporaire des stocks de houille qui sont revenus à leur niveau initial en fin d'année. Pour 1973, le bilan fait à nouveau apparaître un surplus en Allemagne de 4,8 millions/tec de houille et de 2,9 millions de tonnes de coke et en France de 0,5 million de tonnes de houille. Dans ce dernier pays toutefois, l'excédent de disponibilités se trouverait annulé si le programme de production annoncé ne se réalisait pas en totalité. Au Royaume-Uni, le bilan selon les estimations actuelles montre un surplus de disponibilités de 14 millions/tec de houille mais calculé en tenant compte d'un chiffre minimum pour les livraisons aux centrales thermiques.

Tout tonnage supplémentaire livré à ce secteur grâce aux récentes subventions accordées par le gouvernement viendrait en déduction de cette première estimation du surplus. Par ailleurs, il faut avoir présent à l'esprit que le niveau des stocks de houille à la production était assez bas en début d'année où il ne représentait que 16 jours de production. Le bilan pour 1973 fait en outre apparaître un surplus de 1,5 million de tonnes de coke, mais les stocks à la production n'avaient pu se reconstituer l'année précédente. TABLEAU 28 >PIC FILE= "T0012293"> CONCLUSION La Communauté à Neuf comprend le Royaume-Uni et l'Allemagne, importants producteurs de charbon.

Bien qu'assurant une part appréciable de la couverture des besoins en énergie, les industries charbonnières de ces deux pays présentent des caractéristiques fort différentes sur le plan de l'écoulement. Au Royaume-Uni, 98 % de l'extraction sont consommés dans le pays alors que les charbonnages allemands livrent aux autres pays de la Communauté 22 % de leur production, plus des deux tiers étant constitués par du charbon à coke et du coke destinés à l'industrie sidérurgique. Toutes les industries charbonnières de la Communauté ont à faire face à des problèmes analogues : en tant qu'industrie de main-d'oeuvre à des problèmes sociaux et du fait de la localisation de certains bassins houillers à des problèmes régionaux.

En outre, au cours des années et à des degrés divers selon les bassins, l'augmentation des charges salariales et du coût des fournitures n'a pu être que partiellement compensée par l'augmentation de la productivité. Ces coûts, de plus, n'ont pû être répercutés sur les prix de vente étant donné les conditions du marché énergétique. Il s'en est suivi une détérioration de la situation financière des entreprises et la nécessité de subventions croissantes à la tonne. Sur le plan intérieur, l'élargissement de la Communauté ne devrait pas apporter de changement rapide et profond dans les courants commerciaux, sans exclure toutefois la possibilité d'un développement des échanges entre le Royaume-Uni et le continent malgré le surplus des frais de transport constitués par la traversée de la mer.

D'un autre côté, si la baisse du cours de la £ devait se confirmer, le placement des charbons anglais ne pourrait que s'en trouver facilité. A l'importation en provenance des pays tiers, pour un total inchangé, la diversification de l'approvisionnement se poursuit. Les livraisons en provenance des États-Unis diminuent pour laisser la place à d'autres sources d'approvisionnement : Pologne, Australie, et dans une moindre mesure, Canada, Afrique du Sud. Du fait du développement des achats en Pologne et du fait que le Danemark reçoit la quasi totalité de son approvisionnement en charbon des pays de l'Est, ces derniers assurent maintenant la moitié des importations de la Communauté.

Les coûts rendus des charbons importés de sources lointaines restent, et dans une grande mesure, tributaires des transports maritimes. La récente et brutale remontée, non seulement pour les affrêtements au voyage mais aussi pour les affrêtements à temps, des taux de frêt maritime, qui avaient atteint il est vrai des niveaux anormalement bas, ne peut que renchérir considérablement le prix de ces charbons. Le bilan fait apparaître en 1973 un surplus de disponibilités chez les deux grands producteurs : 9 millions de tonnes éq.h. (houille et coke converti en équivalent houille) en Allemagne et 10 à 15 millions/tec au Royaume-Uni.

Selon les hypothèses de travail envisagées, le montant des stocks à la production en fin d'année atteindrait 30 millions de tonnes éq.h. en Allemagne et 20 à 25 millions de tonnes éq.h. au Royaume-Uni, chiffres qu'il convient de rapporter au niveau de production, moins de 100 millions de tonnes en Allemagne et 140 millions de tonnes au Royaume-Uni, pour leur donner leur juste valeur. Dans les autres pays producteurs de charbon les disponibilités et besoins s'équilibrent. Toute approche du problème charbonnier suppose des options et des arbitrages entre les éléments bien connus du problème mais à qui il faut donner leur poids respectif.

Il convient surtout pour cet examen de ne pas considérer isolément le système charbonnier européen mais de le placer dans son contexte énergétique général en tenant compte de l'évolution rapide des structures de l'approvisionnement en énergie du monde. ANNEXE 1 >PIC FILE= "T0012294"> ANNEXE 2 >PIC FILE= "T0012295""PIC FILE= "T0012296"> ANNEXE 3 >PIC FILE= "T0012297"> ANNEXE 4 >PIC FILE= "T0012298"> ANNEXE 5 >PIC FILE= "T0012299"> ANNEXE 6 >PIC FILE= "T0012300"> ANNEXE 7 >PIC FILE= "T0012301"> ANNEXE 8 >PIC FILE= "T0012302"> ANNEXE 9 >PIC FILE= "T0012303"> ANNEXE 10 >PIC FILE= "T0012304"> ANNEXE 11 >PIC FILE= "T0012305">

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